Aujourd'hui,
pour devenir pilote professionnel en France, il faut faire preuve d'une
détermination à toute épreuve parce que seuls les
plus motivés ont une chance, un jour, de décrocher le gros
lot. S'il est des domaines où la notion de vocation a encore une
signification, celui-là en fait partie.
Il
y a quelques années de cela, on pouvait devenir Pilote de Ligne
comme on devient encore aujourd'hui ingénieur ou vétérinaire,
en poursuivant naturellement ses études après le bac. Certes,
la filière était réservée aux forts en math,
mais bon an, mal an, pendant une trentaine d'années, une centaine
(deux cents les meilleures années) d'EPL (Elève Pilote de
Ligne) étaient recrutés sur concours pour intégrer
l'Ecole Nationale de l'Aviation Civile (ENAC). Après deux ans de
classes préparatoires, leur avenir était garanti. C'était
le bon vieux temps.
De
cette époque subsiste la trace d'une voie dite royale, empruntée,
en 1998, par une trentaine de privilégiés répartis
en trois filières distinctes (18 venaient de math-sup, math-spé,
6 étaient titulaires du PL théo, et six autres, enfin, avaient
le PL théo et une licence de pilote pro'). La formation demeure
gratuite, mais elle n'est plus rémunérées, ni ne débouche
sur un emploi dans une grande compagnie nationale française.
Pour
les 18 places proposées, plus de deux mille (2000 !) élèves
de prépa' ont passé le concours. Même en étant
parmi les meilleurs, les chances de réussir sont infimes.
Dans
ce contexte, peut-on encore considérer l'ENAC comme une voie normale
pour devenir Pilote de Ligne ?
D'une
certaine manière, Air France tente de prendre le relais de l'ENAC
depuis 1999 en laçant sa filière Cadets, qui, dans les faits
tend à se substituer à la filière d'Etat. Il d'agit
pour la compagnie nationale de recruter sur concours des jeunes au niveau
math-sup, math-spé, et de leur assurer une formation rémunérée
et de leur garantir un emploi.
La
première promotion (1999 donc) devait porter sur 96 cadets. Le chiffre
final n'a été que d'une vingtaines de places... Celle de
2000 se rapproche du chiffre annoncé en 1999 puisque ce seront presque
80 Cadets qui seront recrutés cette année...
En
dehors de ces deux possibilités offertes d'une part par l'Etat à
travers l'ENAC, d'autre part par Air France, il est (heureusement) tout
de même possible de devenir pilote professionnel... Cette voie est
réservée aux plus motivés, à ceux qui sont
prêts à surmonter les pires obstacles pour décrocher
leur rêve. C'est celle qu'emprunte désormais la majorité
des futurs pilotes. Il n'est pas nécessaire d'avoir fait math-sup,
math-spé pour s'y frotter. Un bac scientifique est un bagage suffisant.
Il convient surtout d'avoir une grosse dose de courage et une détermination
sans faille, que seule la passion peut entretenir. Cette voie, qui a toujours
existé mais qui aujourd'hui prend une dimension nouvelle, s'apparente
au kit: le postulant bâtit son cursus avec les modules de formation
mis à sa disposition par les nombreuses écoles de pilotages
existant. Il est livré à lui même et doit financer
sa formation...
Pour
avoir de plus amples informations sur l'une ou l'autre de ces filières,
cliquez sur les petits dossiers au-dessous de l'avion de ligne... Ils vous permettront
également d'accéder aux témoignages de pilotes professionnels,
aux normes médicales, et aux dossiers d'AéRO.net...