Pilote de Ligne en France
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Réglementairement, pour essayer de gagner sa vie en pilotant un avion, il suffit d'être titulaire d'une licence de pilote professionnel (CPL pour Comercial Pilot Licence) -c'est le cas de l'instructeur salarié en aéro-club qui forme des pilotes privés. Dans la pratique, le CPL plus l'IR (pour Instrument Rating, l'ancien IFR, Instrument Flight Rules) constitue le minimum requis pour solliciter un emploi dans une société de travail aérien, mais dès l'instant où l'on vise le transport public (de passagers), la formation au travail en équipage (MCC) est pratiquement indispensable. Pour postuler à un emploi en compagnie, il faut aujourd'hui posséder les 14 certificats de l'ATPL théorique (Air Transport Pilot Licence: "brevet" théorique de Pilote de Ligne). Même s'ils ne sont pas tous utiles, ils sont devenus un critère de sélection. 

Compte tenu de l'abondance de l'offre, autrement dit du nombre de pilotes au chômage (entre 700 et 1200 selon les estimations), une première qualification de type JAR-25, qui permet de voler sur un avion de ligne, est souvent une condition nécessaire. Il existe actuellement un débat dans la profession, les uns affirmant que la première QT JAR-25 est le niveau minimal de qualification professionnelle et qu'à ce titre, les postulants doivent la posséder, les autres estimant qu'elle doit être prise en charge par les employeurs comme étant une adaptation au poste de travail (comme le fait la compagnie BritAir avec ces cadets recrutés au niveau CPL-IR par exemple). Ce dernier point de vue est évidemment celui des demandeurs d'emplois qui estiment avoir fait un effort financier suffisant et que l'employeur doit prendre le relais. Souvent, ils ne sont pas en mesure d'investir dans une QT JAR-25, leur taux maximal d'endettement étant déjà atteint. 

En partant du principe que le futur pilote choisit de préparer les différents examens théoriques (CPL, IFR, et ATPL) par correspondance pour limiter les dépenses, le cursus représente en effet un investissement lourd. Le brevet de pilote professionnel (CPL) coûte environ 50 000 Frs et nécessite au préalable une licence de pilote privé et 200 heures de vol (dont 100 en tant que commandant de bord). L'IFR revient environ à 150 000 Frs. Une MCC (formation au travail en équipage) coûte environ 50 000 Frs. 

En incluant la documentation pour préparer les examens théoriques, le brevet de pilote privé, les minimas horaires et les frais d'inscription aux différents examens, on peut estimer à 400 000 Frs la mise minimale nécessaire pour pouvoir prétendre à un emploi de pilote de ligne. A ce montant vient s'ajouter une QT JAR-25 qui, sur ATR-42 par exemple est vendue aux environs de 160 000 Frs. Ces différents prix sont donnés à titre indicatif pour situer le niveau du coût global de la formation. Ils varient sensiblement d'une école à l'autre. 

Il n'est donc pas étonnant que les jeunes, qui se préparent à devenir Pilote de Ligne, soient obligés d'entrecouper les différentes étapes de leur cursus d'emplois précaires leur permettant de reprendre financièrement leur souffle. Ces interruptions allongent d'autant la durée globale de leur formation et retardent le moment où ils vont pouvoir entreprendre une recherche d'emploi. 

Parmi les difficultés auxquels ils sont confrontés, le choix de l'école n'est pas la moindre. Il y a celles dont la réputation n'est plus à faire mais dont les tarifs sont élevés. Il y a celles qui cassent les prix. Et puis il y a toutes les autres. Le prix est trop souvent le seul critère retenu. Il est plus aisé en effet de comparer des chiffres que de mettre en concurrence des moyens pédagogiques utilisés (simulateurs et avions), la compétence des instructeurs et la qualité de l'encadrement. Tous les brevets ne se valent pas. Les pilotes en prennent conscience au moment des évaluations, pendant les sélections pour entrer en compagnie. 

Pour réduire les coûts, certains choisissent de se former aux Etats-Unis (voir la rubrique adéquate) où les formations sont sensiblement moins chères, et de faire transformer les licences étrangères à leur retour. Dans son calcul, il ne faut pas oublier de compter le montant de cette transformation. Montant qui ramène le coût d'une telle formation (USA + transformation) à peu près au même que celui d'une formation française. Il faut être également conscient que le choix d'une école est encore plus délicat à l'étranger qu'en France et qu'une fois de retour, l'on peut se heurter au "protectionnisme primaire" de l'administration française. Cela reste toutefois une possibilité qu'il ne faut pas négliger...

 > Récapitulons :)
 > ATPL théorique
Du privé au professionnel, l'obtention de toute licence de pilote passe par un examen théorique. Pour les professionnels, les examens sont un peu plus compliqués, parce qu'il s'agit autant d'une sélection que d'une vérification du niveau de connaissance. Il existe deux niveaux d'examen, sous forme de qcm. En outre, depuis le 1er Juillet 1999, il faut être inscrit dans une école homologuée (FTO), que ses cours soient suivis pas correspondance ou lors d'un stage bloqué. 

> Il y a tout d'abord le niveau CPL-IR (pilote professionnel) qui est découpé en neuf   matières identifiées par des codes: 
 

010 Droit aérien et réglementation; 
020 Connaissances aéronef; 
030 Masse et centrage, performances, préparation et suivi du vol; 
040 Facteurs humains; 
050 Météorologie; 
060 Navigation, radionavigation; 
070 Procédures opérationnelles; 
080 Mécanique du vol; 
090 Communications. 


Le pilote professionnel doit passer toutes ces matières, tandis que l'IFR ne comporte que sept épreuves au lieu de neuf: les matières 010 (droit aérien et réglementation) et 070 (procédures opérationnelles) sont regroupées, et la mécanique du vol ne figure pas au programme. Il faut 75% de réponses justes pour valider l'examen. Toutes fois, si le candidat réussit au moins 50% des sujets, il a la possibilité de ne repasser que les épreuves qu'il a échouées.  
 

> Viens ensuite le niveau ATPL (Pilote de Ligne): Celui-ci comporte quatorze matières organisées en neuf examens. 
 
010 Réglementation et Droit Aérien 
020 Connaissances générales des aéronefs 
021 Cellules / Systèmes / Motorisation 
022 Instruments / Electronique 
030 Performances et planification du vol 
031 Masse et centrage 
032 Performances 
033 Planification et suivi du vol 
040 Performances et limites humaines 
050 Météorologie 
060 Navigation 
061 Navigation générale 
062 Radio-Navigation 
070 Procédures opérationnelles 
080 Principes du vol 
090 Communications 
090 01/06 Communication VFR 
090 07/12 Communication IFR 
  
Comme pour les théoriques CPL-IR, il faut 75% de réponses justes pour valider l'examen et si le candidat réussit au moins 50% des épreuves, il a la possibilité de ne repasser que les matières où il a échoué. Il faut réussir l'ensemble des épreuves en 3 sessions sinon l'on est condamné à repasser tout l'examen. Petite consolation: en cas d'échecs répétés de ses élèves aux examens, l'école risque de perdre son agrément :-)
 


 
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